Anne-Monique Lesage

Anne-Monique Lesage

Vous aviez déjà été coordinatrice pédagogique pour le Pôle Est de la Promotion 2016, au moment de l’élargissement des missions de la Fondation à la grande Région. Quel était alors votre ressenti concernant ce rôle ?
Tout d’abord, j’étais honorée que la Rectrice de la nouvelle grande Région académique propose mon nom à la Présidente de la Fondation et que celle-ci l’accepte. Très vite, j’ai cherché à définir les contours d’une mission à la fois sociale et éducative qui me plait beaucoup, étant moi-même issue d’un milieu défavorisé. Nous avons alors beaucoup échangé avec les équipes de Toulouse dans un souci de cohérence pédagogique et pour bien caler la mission tant auprès des tuteurs des lauréats que des lauréats eux-mêmes. Il fallait aussi faire connaître le dispositif des Bourses Actives aux chefs d’établissement qui sont de formidables relais auprès des potentiels candidats.

Vous avez accepté de remplir à nouveau cette mission pour la Promotion 2022, comment l’appréhendez-vous ? Votre approche est-elle différente aujourd’hui ?
 Si j’ai souhaité poursuivre cette mission avec une nouvelle promotion, c’est premièrement pour son efficacité : la Fondation accompagne chaque année cinq promotions de lauréats méritants, avec une vraie réussite s’agissant des différents parcours de formation. Il n’y a quasiment pas d’échec, car nous intervenons chaque fois que nécessaire, pour maintenir et encourager la motivation et le travail, faciliter les réorientations…

…Deuxièmement pour la satisfaction que procurent les réussites obtenues : médecins, infirmier(e)s, ingénieurs de haut niveau, designers ou modélistes, le vivier de la Promotion 2016 a brillamment concrétisé nos espoirs. Notre objectif est de conduire chaque lauréat à viser l’excellence en donnant le meilleur de lui-même et à dépasser toutes les formes d’auto-censure ou d’assignation sociale. J’ai souvent constaté, dans les périodes de doute ou pendant l’épidémie de Covid, combien une relation pédagogique de confiance et de bienveillance permettait de lever les obstacles éventuels. 

Quel est votre rôle par rapport aux tutrices et tuteurs ? Et par rapport aux lauréats ?
Je dirais que le tuteur est le premier référent professionnel, ce qui est fondamental en matière d’orientation. Ce sont parfois d’anciens lauréats.  Chaque tuteur intervient dans la proximité et donne à voir des perspectives de moyen ou long terme. Il peut ouvrir des portes dans son secteur d’activité et communiquer cette culture de réseau qui fait souvent défaut aux jeunes issus de milieux moins favorisés.

Le coordinateur, comme son nom l’indique, coordonne les informations relatives à la scolarité et au bien apprendre des lauréats. Il est le relais de tous auprès du Comité d’Excellence de la Fondation, et se charge d’éclairer ses décisions, chaque fois que nécessaire. Étant moi-même issue de l’Éducation Nationale, je mets volontiers mon expérience du système éducatif, parfois perçu comme complexe, pour dénouer des problèmes, rassurer, voire rappeler la nécessité d’accepter certaines contraintes pour mener à bien son projet professionnel.   

La Fondation existe depuis 15 ans et a étendu en 2016 ses missions sur l’ex Languedoc-Roussillon. Que pensez-vous de l’évolution de la Fondation ?
 La Fondation, pour ce que j’en perçois, a su véritablement s’ancrer dans le paysage local. J’en veux pour preuve la montée en charge chaque année du nombre de candidats pour ce dispositif des Bourses Actives. Il n’est pas facile de sélectionner les lauréats.  Il me semble qu’elle répond à un véritable enjeu d’égalité des chances dans une région de grande hétérogénéité sociale et scolaire. Ses activités se sont diversifiées, il y a le Concours d’Éloquence auquel je participe également, révélateur de nombreux jeunes talents et d’une implication très forte des enseignants qui participent. Je trouve également très porteur d’avenir tout le travail effectué par la Fondation pour développer l’esprit d’entreprise, grâce aux liens établis avec le monde économique et la Région, qui sont des acteurs essentiels en matière d’orientation et de création d’emplois à l’échelon du territoire.

Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?
Pour toutes ces raisons, et parce le lien avec les jeunes générations constitue la meilleure cure de jouvence pour la grand-mère que je suis désormais, je suis fière de continuer et je remercie Madame la Présidente et toute son équipe de la confiance qui m’est faite.

Décembre 2022