Kayna Ait Ouaret

Étudiante en première année à l’Université Toulouse 1 Capitole, Kayna Ait Ouaret fait partie de la première promotion des boursiers de la Fondation.

C’est une jeune fille qui a un caractère bien trempé. Son parcours scolaire semé d’embuches au départ, chaotique entre la sortie de l’école primaire et ses premiers pas au collège André Chénier, Kayna a opéré un rétablissement magistral au fil des années. « Je me suis brusquement rendue compte que sans maîtrise du savoir et du langage, je n’arriverai à rien de bon ».

L’histoire de Kayna Ait Ouaret est celle d’une jeune femme d’origine nord-africaine qui a programmé son insertion dans la société par la réussite sur les bancs du lycée et de la faculté. Fille d’une fratrie de quatre enfants, Kayna a puisé la force de son destin dans le creuset familial. Si son papa a décroché son baccalauréat et exerce la profession de technicien de maintenance, sa maman est analphabète après avoir quitté l’école à 12 ans. Plus tard, elle partira de Kabilye pour épouser, à Carcassonne, son futur mari.

« La génération de mes parents n’a pas été valorisée. Lorsque j’en ai pris conscience, j’ai également compris que je n’avais pas d’autre choix que me plonger dans les études pour me forger un avenir meilleur ». Une mention au brevet des collèges précédera une mention “Bien” au baccalauréat, décroché l’an passé. Entre temps, Kayna évoque cette rencontre fructueuse pour elle, au lycée Paul Sabatier, avec un professeur de Sciences Sociales. « Il m’a aidée à prendre conscience du fonctionnement de notre société, des conditions à remplir pour monter dans l’ascenseur social, et du système méritocratique ».

Lorsqu’une de ses sœurs lui parle de la Fondation, Kayna n’hésite pas, elle dépose sa candidature. Quelque temps après son succès devant le jury du baccalauréat, elle en décroche un autre devant le jury de la Fondation. « La Fondation est une barre d’appui pour la poursuite de mes études ». Bénéficiant d’une aide financière non négligeable, Kayna est suivie par un tuteur chargé de la guider tout au long de ses études supérieures et jusqu’à son entrée dans la vie professionnelle. Cette carcassonnaise se projette dans un métier de juriste. Depuis quelques jours, elle est en stage au service juridique de ka société Serfance à Carcassonne. Cet été, elle passera deux mois dans le cabinet d’expertise KPMG à Labège. « Grâce à la Fondation je serais en mesure de contrôler si mon orientation est la bonne », dit Kayna qui attend les résultats de son deuxième semestre en droit après avoir brillamment réussi le premier.

Mai 2011