Coralie Cadinot

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Coralie est à peine âgée de 7 ans quand ses parents, ouvriers, quittent la Somme où ils vivaient pour rejoindre le sud de la France. Son père, conducteur de train, avait effectivement trouvé un emploi sur le chantier de construction du tunnel du Perthus.
 « C’était un peu compliqué financièrement à la maison et il a fallu saisir cette opportunité », se souvient, pudique, la jeune fille. Voilà donc la famille débarquée à Céret dans les Pyrénées-Orientales. Coralie est finalement ravie, même si amis et autres membres de la famille sont restés dans le nord. « J’avais tout ici, la mer, la montagne ». Et surtout sa petite sœur, d’un an sa cadette.  » Avec le recul, je pense que la plus grande différence entre le nord et le sud est la façon de tisser des liens d’amitié. En Picardie, tout le monde parle très vite, les gens sont plus ouverts. Dans le sud, il faut du temps pour se faire de vrais amis. » Autre « choc culturel », la langue. Oubliés les mots picards prononcés à la maison, il faut passer aux « expressions sudistes », une formalité pour la jeune fille qui poursuit ainsi sa scolarité à Céret.

Elle se découvre alors une passion pour la littérature, notamment l’écriture de poèmes ou de nouvelles. Tout naturellement, c’est vers un bac littéraire qu’elle s’oriente. Sans pour autant oublier de s’investir pour les autres. Au conseil de vie lycéenne, au conseil d’administration du lycée, à la présidence de la maison de vie des lycéens… Elle est partout. « J’ai eu la chance d’avoir un proviseur, M. Bousquet qui a tout fait pour nous montrer que l’engagement est formateur. Je voyais que ceux qui s’occupaient de tout ça étaient épanouis, je me suis dit pourquoi pas moi. Et puis, j’ai toujours voulu rendre mes parents fiers de moi. »

Ce sont également de belles rencontres qui vont la mettre sur la piste de Sciences Po et de la Fondation. Avec sa professeur d’espagnol, Mme Fumado d’abord, qui lui parle de la prestigieuse école parisienne. « Je ne connaissais pas du tout Sciences Po, je pensais que j’irais en droit à Montpellier pour limiter les frais…». L’idée fait peu à peu à peu son chemin et, le temps d’un été passé à travailler comme serveuse, son choix s’affirme. Ce sera Sciences Po, reste à trouver un organisme qui accepte de faire une réduction à la lycéenne boursière pour financer l’année de préparation au concours qu’elle mène de front avec la terminale. Et à envisager la suite. « Mon professeur de philosophie m’a parlé de la Fondation Groupe Dépêche, j’ai foncé ». Et elle a bien fait.

Lauréate de la dernière promotion, elle a intégré Sciences Po Paris. Même si les journées sont bien pleines et que le Sud lui manque un peu, Coralie s’accroche. Elle veut aller au bout de ses rêves. Ses parents ont de quoi être fiers !