Félix Portier

Félix Portier fait partie de la deuxième promotion des lauréats de la Fondation. A partir de la rentrée de septembre 2009 et jusqu’à l’obtention de son Master 2 en Etudes Japonaises, il a bénéficié du programme des « Bourses Actives ». Désormais installé et salarié au Japon, il revient pour nous sur son expérience de lauréat et celle, plus récente, de tuteur au sein de la Fondation. 

 Comment avez-vous connu la Fondation ? 
En terminale, notre professeur principal nous a fait connaître la Fondation. J’ai sauté sur l’occasion ! Je fais partie de la deuxième promotion de l’histoire de la Fondation.

Quelle formation supérieure avez-vous suivie en tant que lauréat du programme des « Bourses Actives » ? 
J’ai effectué une licence puis un Master en Études japonaises à l’Université Toulouse II Jean-Jaurès, dont une année d’échange passée à Okinawa, au Japon.

Quels arguments avez-vous mis en avant pour obtenir cette bourse ?
Je ne me rappelle plus de tous les arguments mis en avant. En revanche, je me souviens avoir eu un jury très amical. Un échange naturel s’est rapidement instauré. Un des juges m’a demandé pourquoi tant de mots japonais venaient du portugais. Je lui ai répondu et en fin d’entretien, ils m’ont demandé ce que je pensais de la nouvelle réforme sur le SMIC… je n’ai su que répondre ! Je n’étais pas très confiant en sortant de la pièce, mais j’ai eu la chance d’être sélectionné.

Quel a été votre parcours depuis que vous avez terminé vos études ?
Après avoir validé mon Master II en 2016, j’ai décidé de ne pas continuer en thèse. La recherche universitaire en sciences humaines m’apparaissait à l’époque comme un monde fermé et peu attractif. Aujourd’hui, j’admire beaucoup ceux qui s’y investissent, mais ce n’est toujours pas pour moi ! J’ai voulu me couper du monde des études, dans un premier temps. J’ai travaillé en tant que charpentier, puis dans un vignoble à Cahors, dans les champs puis dans le chai, à la fabrication et l’embouteillage du vin, enfin en tant que traducteur-interprète pour la NHK (chaîne de TV japonaise) et pour des clubs de judo dans l’Aveyron. Riche de ces expériences, je suis retourné à ma passion première : j’ai été sélectionné pour un stage de traduction littéraire français-japonais de deux mois au Collège international des Traducteurs littéraires (CITL) à Arles. J’ai côtoyé la fine fleur des traducteurs littéraires … et vu que j’avais encore beaucoup à apprendre ! Quelques mois après, Naskeo, une entreprise spécialisée en énergies renouvelables, après un stage de confirmation en ingénierie biogaz, m’a sélectionné pour effectuer un Volontariat en Entreprise (VIE) de deux ans au Japon, dans le petit village de Tsurui-mura (Hokkaidô). Là-bas, j’ai suivi l’avancée de la construction de leur première référence en méthanisation à l’export. Rapidement, on m’a confié des missions de développement commercial. Mon contrat VIE se termine fin avril, et devant le haut potentiel du marché japonais, l’entreprise a décidé de faire de moi son premier collaborateur au Japon ! Ma femme, mes trois enfants et moi allons donc bientôt déménager à la grande ville Sapporo et vivre ensemble cette nouvelle aventure.

Quels conseils donneriez-vous à des lycéens qui auraient envie de candidater ?
Un conseil ? Et bien faites donc ce que vous avez envie ! Candidatez ! C’est une très belle chance que de bénéficier du soutien financier mais aussi social qu’apporte la Fondation. Rares sont les lycéens qui sont sûrs de leur avenir. Beaucoup ont bien trop à penser pour se présenter à la sélection et croient que leur candidature ne vaut peut-être pas la peine. Candidater à la Fondation m’a permis de raffermir mes convictions, de juguler mes doutes et de me dire « au fond, je ne suis sûr de rien, je ne connais pas l’avenir, mais j’ai envie de faire ça ! Je veux essayer ». Si la Fondation apprécie les bons dossiers, ce qui fait vraiment la différence à l’entretien, c’est d’arriver à montrer son envie, sa volonté d’essayer, de réussir, de se confronter à la vie d’adulte qui nous attend. Un super élève sans aucune motivation ne passerait pas l’entretien. N’ayez pas peur d’être ce que vous êtes, des matériaux bruts, prêts à être raffinés, taillés, transformés, embellis. Votre voix, votre regard, votre sourire, votre franchise d’admettre parfois que vous ne savez pas, car vous êtes encore jeunes, feront la différence. Voilà mon conseil.

Pourquoi avez-vous choisi d’être tuteur à votre tour ? 
J’ai eu un tuteur très présent, amical et bon. C’est aujourd’hui un grand ami. Notre relation n’a pas été à sens unique : nous nous sommes très rapidement apporté mutuellement. Aujourd’hui, je veux simplement rendre ce qui m’a été donné à quelqu’un qui ressemble un peu à ce que j’étais il y a dix ans de cela : un jeune qui a soif de connaissance, soif d’expérience.